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UN BILAN CONTRASTÉ ET CONTRARIANT DE LA CAN FEMININE ET LITIGES DU FOOT CAMEROUNAIS PAR ATANGANA FOUDA

UN BILAN CONTRASTÉ ET CONTRARIANT DE LA CAN FEMININE ET LITIGES DU FOOT CAMEROUNAIS PAR ATANGANA FOUDA
Finie la CAN féminine organisée chez nous, mais non remportée par nos vaillantes et héroïques Lionnes qui ont tout donné, sauf ce qu’il fallait pour brandir le trophée. La grande expérience de l'équipe nigériane a prévalu tout au long de la compétition, au fil des matches, pour une victoire finale méritée.
 
Le contraire aurait d’ailleurs été perçu, n’en déplaise aux fans et aux patriotes de circonstance, comme une injustice. En effet, comment un football féminin camerounais sans moyens, sans consistance, sans championnat de référence, bref sans considération aucune des patrons du football national, pouvait-il prétendre trôner sur le toit du continent, sous le fallacieux prétexte des dirigeants de notre pays, que nos Lionnes avaient  déjà atteint sans succès plusieurs finales, remporté le tournoi féminin des Jeux de Maputo, et s’étaient offertes crânement un huitième de finale en Coupe du monde au Canada.
 
A l’opposé, chez nos voisins du Nigeria, le championnat national est depuis longtemps professionnel, les compétitions des catégories inférieures existent, lesquelles se retrouvent chaque fois qualifiées dans les coupes du monde U17 et U20. Il est donc tout à fait logique et juste que le Nigeria au féminin dicte sa loi au football féminin du continent, nonobstant le fait que la balle soit ronde pour tout le monde.
 
Une  leçon à retenir : en finale d’une compétition majeure, la volonté de vaincre, la détermination et même le 12e joueur ne suffisent pas toujours pour enlever le titre. Nos Lions de 1982 au mondial d’Espagne, de 1984 à la CAN ivoirienne, de 1988 à la CAN marocaine, de 2000 à la finale de Lagos et aux Jeux Olympiques de Sydney, et de 2002 à la CAN malienne ont fait mieux. Des trophées et des médailles remportés, tous à l’extérieur.
Nous étions là dans un bref aperçu du volet sportif. Faisons une incursion dans celui de l’organisation.
 
Avant, pendant et même au palais d’Etoudi, après cette compétition continentale de la Confédération Africaine de Football (CAF), le constat est là, cinglant, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) n’a servi que de faire valoir et de figurante dans un ballet en mondovision, totalement mis en scène et joué par le Ministère des Sports et de l’Education Physique. En clair, par le Ministre des sports et les siens.
 
Traîné comme un boulet dans les délégations des visites des chantiers, M. Tombi à Roko n’a eu droit à aucune faveur aux premières loges, tant dans la suite du Ministre des Sports et de l’Education Physique que de celle du Premier Ministre. Certes, la CAF ne traite qu’avec les fédérations, mais à cette CAF, l’on sait qu’en Afrique, c’est le gouvernement qui actionne tout, et l’on n’a nullement été surpris de voir le Ministre des Sports répondre himself aux discours des représentants de la CAF, lors des visites d’inspection.
 
Avant le coup d’envoi, c’est laborieusement que la mascotte LILI et l’hymne très critiqués, ont vu le jour, que quelques affiches ont été placardées çà et là seulement à Yaoundé, Douala et Limbe, et que la campagne globale de communication a été sauvée par les médias. Arrêt sur image : ces vieux bus peints aux couleurs des pays qualifiés, et dont le scandale a fait rejeter la paternité sur d’autres intervenants indirects.
 
Pendant la compétition, omnibulés par les victoires successives des Lionnes et la ferveur populaire du stade Ahmadou Ahidjo, le Comité local d’organisation a « zappé » plusieurs points du cahier de charges, pourtant imposés par la CAF : les journalistes en ont été victimes les premiers jours à Yaoundé, et presque jusqu’à la fin à Limbe. Je vous épargne du reste, malicieusement camouflé par les victoires successives des Lionnes.
 
Si le côté populaire de cette CAN a été réel à Yaoundé, les entrées ayant été sur invitations gratuites, à Limbe, c’est à 50% le jour du premier match, puis decrescendo le reste du temps. Le super plein du stade omnisports de Limbe lors du match Cameroun-Afrique du Sud quelques mois plus tôt, a sans aucun doute faussé les prévisions. Pourtant, le stade à moitié vide quelques jours avant la CAN, lors du match Cameroun-Gambie, était déjà un signe annonciateur de ce qui allait suivre. Une désaffection d’un public pourtant acquis à la cause des Lionnes. Malheureusement, chez nous, gouverner n’est pas prévoir. Le seul point positif, plus au crédit de l'Association des Journalistes Sportifs du Cameroun (AJSC), que du Comité local d'organisation, l’affluence des journalistes dans les stades, pour couvrir la CAN de manière professionnelle.
 
DES REGRETS, DES PRIMES ET RIEN POUR LE FUTUR
 
« Il n’y a pas de peuple de vainqueurs », avait dit notre Chef de l’Etat qui, à l’occasion de l’inédite réception au palais des Lionnes, a tenu un discours politique de félicitations et d’encouragement, avec en coulisses, une prime exceptionnelle colossale qui ne va profiter qu’aux acteurs de la CAN. Et rien pour les clubs formateurs dont les dirigeants font d’énormes sacrifices depuis des décennies pour l’encadrement de ces jeunes filles. 
 
De la réception au Palais, d’aucuns parlent de récupération, car on est surpris que le Chef d’Etat n’ait pas reçu les Lionnes après les deux dernières finales perdues face au même Nigeria. « Le Cameroun, c’est le Cameroun ».
Si l’on veut rester sportivement objectif, une chose est sûre, il faut tout changer dans cette sélection. Car le bilan du coach Enoh Ngachu n’est parsemé que de belles prestations, de finales perdues et seulement de la médaille d’or de Maputo. Le Nigeria compte 8 trophées, la Guinée Equatoriale 2, et le Cameroun 0.
 
Des joueuses utilisées pendant la CAN et depuis une dizaine d’années, 75% ont plus de 30 ans et doivent être remplacées. Autant pour le coach que pour ses joueuses, le bilan n’est pas très reluisant, même si pour les Camerounais fortement déçus par les Lions depuis quelques années, tout est positif, car ils ont eu du plaisir pendant les belles prestations des Lionnes. Dans ce bilan, nous éviterons expressément de mentionner certaines déviances.
 
Et le futur alors ? Rien en vue. On verra encore un championnat démarrer laborieusement, avec des équipes choisies sur des critères connues de la seule FECAFOOT. Sinon comment comprendre que des régions n'ayant disputé aucun championnat ait des représentants dans les zonales ? Qui veut instituer un équilibre régional, une sorte d'Assemblée Nationale en sport, au détriment du mérite, des textes et même du niveau. Et surtout, gare aux revendicateurs, ils seront exclus. 
 
Aujourd’hui, la vérité nous rattrape. Avec cette finale perdue à domicile, l’arbre qui cachait la forêt est tombé, dévoilant enfin le grand vide. Quelqu’un l’a dit, « on peut tromper le monde quelque temps, mais pas tout le temps ».
 
RETOUR A NOS CASSEROLES
 
Finie la CAN féminine que d’aucuns voulaient à tout prix et par tous les moyens gérer. Ils ont certes eu droit à ce que le Ministre des sports a bien voulu leur laisser : quelques fois les premières loges, quelques honneurs, des missions entre Yaoundé et Limbe, et puis, rien d’autre.C’est le prix d’une légitimation forcée à la tête de la FECAFOOT. Une inféodation honteuse, qui n’a jamais existé depuis la création de la FECAFOOT, surtout avec des présidents charismatiques. Une ingérence du politique pourtant interdite par la FIFA et une CAF devenue subitement très tolérante pour le cas du Cameroun.L’impatience est humaine, mais que les légalistes, les fans d’un Cameroun pays de droits, continuent de cultiver leur patience, dans l’attente du verdict du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Que ceux qui n’y croient plus sachent qu’ils se trompent, car toute affaire, dans n’importe quel tribunal, finit toujours par connaître un verdict.Pourquoi celui du TAS tarde-t-il à tomber ? Posez la question à M. Tombi et à ses juristes qui n’ont cessé de bombarder le juge français, MBernard Foucher de dossiers de contestation sur des cas pourtant déjà tranchés par le même TAS, histoire de faire dans le dilatoire, pour repousser la date du verdict. « Quel que soit la longueur de la nuit, le jour finit par se lever ». C’est connu de tous.
 

Entre le mois de Mars 2016 du dépôt de l’appel au TAS de l’ex-président de la FIFA, Joseph Sepp Blatter, pour l’annulation de sa sanction, et le verdict du TAS le 5 Décembre 2016, et ceci sans aucun dilatoire, huit (8) mois se sont écoulés. Pourquoi polémiquer sur le retard pris par le TAS pour trancher sur le cas de la gestion de la FECAFOOT ? Les anglos l’ont si bien dit : « wait and see »

Atangana Fouda

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A propos de l'Auteur

journaliste sportif

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